Voici quelques jours, je revenais en bus à mon bureau en provenance du centre de Bruxelles. Il s’agissait d’un bus articulé avec une remorque, bref un très long bus. Le genre de bus aussi qui ne se manœuvre pas comme une petite citadine.
Je n’étais pas en uniforme, ce qui ne m’empêche pas d’être attentif à ce qui se passe autour de moi et d’être prêt à intervenir si je l’estime nécessaire. J’en profite au passage pour rappeler qu’un policier en civil n’est pas moins policier que lorsqu’il est en uniforme ! La seule différence, c’est que si on intervient en civil, il faut spontanément faire état de sa qualité de policier en montrant sa carte de service.
Sur une grande avenue en direction d’Ixelles, le bus dispose d’une bande qui lui est réservée. C’est très à la mode à Bruxelles et ça vise à augmenter la vitesse commerciale des transports en commun.
A un moment donné, le bus doit s’immobiliser parce qu’une dame tient ouverte la portière d’une voiture du côté conducteur. Pour y entrer ou en descendre ? Absolument pas ! Il s’agit d’un véhicule de location et la dame est en train de remplir des documents de reprise de cette voiture, avec un pied dedans et l’autre dehors, dans une position qui rappelle celle qu’on peut avoir dans une rocking chair.
Plutôt que de spontanément fermer la porte et faire un petit geste d’excuse au chauffeur, ce que moi j’aurais fait dans un tel cas, elle ne bouge pas d’un poil et fait même mine de trouver que le chauffeur en fait de trop. Ce dernier ouvre la porte avant du bus dans le but, sans doute, de lui demander de bien vouloir fermer la portière de la voiture, mais il n’en n’a pas eu le temps : la dame, très énervée, lui dit immédiatement qu’il aurait pu faire un écart et l’éviter, avant de, tout de même, faire mine de fermer la portière de l’auto ! Faire un écart aurait signifié que le bus aurait dû mordre d’un bon mètre sur la bande de circulation des autres véhicules, avec tous les risques et la gêne que cela peut provoquer !
Bel exemple d’égoïsme vous ne trouvez pas ? Et surtout, quel culot de rejeter ainsi la faute sur l’ « autre », sur celui qu’on gêne !
La suite de l’histoire ? Je n’ai pas pu m’empêcher d’intervenir et j’ai donc demandé au chauffeur de ne pas redémarrer toute de suite. J’ai alors interpellé l’irascible dame avant qu’elle ne ferme sa portière et j’ai pris 30 secondes de mon temps, mais aussi de celui de tous les autres passagers, pour lui dire sèchement ce que je pensais de son comportement.
Le croirez-vous ou non, mais même en ayant montré ma qualité de policier, la dame a encore tenté de retourner la situation à son avantage ! Mauvaise foi, quand tu nous tiens….
Commissaire Olivier Quisquater |