L’invasion française à la fin du 18ème siècle est un tournant important dans l’histoire des Pays-Bas du sud. Le concept révolutionnaire de Liberté, Egalité et Fraternité y fait une entrée radicale et fait vaciller l’ancienne conception de la vie en société. Les privilèges de la noblesse et du clergé sont supprimés, la position dominante de l’église diminue et les citoyens obtiennent en principe l’accès à la vie publique. C’est sur cet arrière-plan que se joue dans notre pays, l’arrivée d’une force de police unifiée et coordonnée : la Gendarmerie.
Les Provinces belges sont intégrées à la France en 1795. Le 30 octobre 1795, le Général de brigade Wirion, commandant de la Gendarmerie nationale dans l’armée de Sambre et Meuse, est chargé de l’organisation de nouvelles divisions de la Gendarmerie dans les provinces belges.
La Gendarmerie nationale est créée selon le modèle français. Elle prend corps le 16 février 1791 comme héritière de l’ancienne Maréchaussée.
Ses caractéristiques principales sont :
- Un corps uniforme, dépendant d’une autorité centrale.
- Une institution nationale conçue comme un réseau présent sur l’ensemble du territoire.
- Un corps structuré militairement avec des missions civiles.
C’est le 10 juillet 1796 qu’est approuvé un décret qui constitue la première base légale de l’organisation et du fonctionnement de la Gendarmerie dans nos contrées. Pour la première fois, il existe dans notre pays une force de police unifiée et coordonnée.
Le service de la Gendarmerie est le même que celui de la Maréchaussée sous l’Ancien Régime. Il est donc absolument nécessaire d’élaborer un texte qui rassemble les nombreuses lois de l’Ancien régime et qui fixe les missions, les fonctions, l’organisation, la police, la discipline, le règlement d‘ordre intérieur de la Gendarmerie nationale et ses relations avec l’autorité.
C’est le contenu de la loi du 17 avril 1798 qui constituera donc, pendant un siècle et demi, jusqu’en 1957, la charte fondamentale de la Gendarmerie belge.