L’utilisation de “LEURRES” dans la circulation
Moyen alternatif pour lutter contre l’insécurité routière
La police de la route LUXEMBOURG a développé depuis 1997 un projet de police de base axé sur la sécurité des usagers lors de leurs transhumances quotidiennes.
Un sondage réalisé sur l’ensemble de la province de Luxembourg montre clairement le besoin d’une présence visible de services de police. Présence qui s’impose comme facteur dissuasif pour les auteurs d’infractions et comme élément rassurant pour les usagers victimes de l’insécurité routière.
Parallèlement à cette démarche, une étude des accidents a permis de relever les causes objectives de l’insécurité routière. Celles-ci ont été confrontées aux causes d’insécurité dénoncées dans le sondage par les usagers.
Parmi les facteurs d’insécurité relevés, les comportements dangereux sont particulièrement stigmatisés. A l’origine de ce phénomène, citons en particulier le non-respect de la signalisation en place. Celui-ci pouvait s’expliquer en partie, d’une part, par le manque de visibilité et de présence des moyens policiers, et d’autre part, par la banalisation des signaux routiers.
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Diverses solutions à ces problèmes ont donc été étudiées et l’une d’elles visait à l’utilisation de leurres dans la circulation. A l’initiative de l’inspecteur-principal Patrick JAUMOT, le projet “LEURRE” a vu le jour, dont deux types ont été confectionnés. Le premier représente l’arrière d’une voiture de police et a un effet dissuasif. Le second, quant à lui, représente un motocycliste de la Police de la route et vise à attirer l’attention des usagers sur des panneaux de signalisation dont le respect s’impose particulièrement. |
Depuis juin 1997, ces moyens ont été testés dans la circulation. Les résultats des tests ont dépassé les espérances les plus optimistes car une diminution spectaculaire des infractions a pu être constatée.
En effet, la mise en œuvre des leurres sur certaines zones dangereuses nous a permis de constater une diminution jusqu’à 80 % des infractions “vitesse”. En Flandre, à Gand par exemple : dans les travaux de l’E17, le placement des leurres a permis une diminution de jusqu’à 50 % des accidents.
Au vu de ces résultats, le commandement fédéral de la police de la route a donc décidé d’équiper toutes les unités de ce type de matériel comme moyen supplémentaire de dissuasion et de prévention afin de réduire le nombre d’accidents et d’infractions. A la demande, ces leurres sont aussi mis à disposition des zones de police locales afin de sécuriser certains endroits dangereux notamment à proximité des établissements scolaires. Les leurres ont en outre aussi été utilisés avec satisfaction dans le cadre de contrôles frontaliers avec déviation sur parking lors de contrôles dans le cadre de la lutte contre la traite des êtres humains.
Ils ont également été mis en place à la frontière luxembourgeoise pour les contrôles de transports d’animaux décrétés par le ministère de la santé (épidémies animalières diverses).
En 2004, l’initiative arlonaise a été reprise dans le “guide 2004 des meilleures inventions” - Editions Laffont – Paris.
Depuis leur création, le succès des leurres de la Police de la route belge a dépassé les frontières; la gendarmerie française a d'ailleurs décidé de fabriquer de faux motards et de les utiliser sur leurs autoroutes notamment sur l’A 20.
L’usage de “LEURRES” dans la circulation n’est donc plus à l’heure actuelle un projet mais bien une réalité. Il est repris dans la stratégie policière fédérale comme un outil de visibilité et de prévention qui cadre parfaitement avec les objectifs du plan national de sécurité.
Ce plan national de sécurité, rappelons-le, vise à faire diminuer de moitié le nombre de tués sur les routes belges d’ici 2010. Cependant, il convient d’utiliser ces leurres à dose homéopathique pour éviter l’accoutumance.
L’impact d’un leurre dans la circulation est pratiquement identique à celui d’un radar, avec la différence notable que le leurre est naturellement mieux accepté par les usagers.